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  • : Sculpteur de taille directe, la pierre, le marbre et le granit font partie de mon univers
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  • : paris
  • : 18/12/1963

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Lundi 5 octobre 2009

Il est déplorable de constater que la plupart des galeries d’art contemporain ne valorisent pas leurs espaces d’exposition.

Seules les cimaises sont utilisées. L’espace, lui, reste désespérément inoccupé, pas de sculptures qui pourraient mettre en perspective les couleurs et le graphisme des œuvres accrochées aux cimaises.

Il n’y a pas d’opposition entre la peinture, la gravure, la photographie et la sculpture.  Pas d’avantage de concurrence, en ratissant plus large, le galériste  touche un éventail plus important d’amateur d’art, il n’a rien à perdre, tout à gagner.

Il faut noter que le fait d’exposer un peintre avec un sculpteur, valorise le peintre. En effet les amateurs de peintures ne sont pas souvent amateur de sculptures, alors que les amateurs de sculptures sont toujours amateurs de peintures.

  Photo Michel Lunardelli

Une bonne sculpture se marie avec toute bonne peinture, que la toile soit figurative, abstraite, coloriste, graphiste… seules les œuvres minimalistes et conceptuelles font exception lorsqu’elles sont trop évanescentes dans la réalisation temporelle. (la sculpture s’élabore avec du temps et le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui.)

 

Ces constations ne sont ni livresques ni théoriques, elles sont le résultat de l’expérience glanée lors de mes nombreuses expositions.


Je voudrais remercier ici Claude Gourlet peintre et aquarelliste qui m’a invité à quatre reprise à exposer avec lui au Cloître des Billettes en 1995 – 97 – 99 et 2001, un lieu magique pour la sculpture.



Quoi de plus dérisoire, de plus grandiloquent qu’une exposition de sculptures qui laisse les cimaises orphelines ? ? C’est pourquoi, j’ai toujours essayé de confier les murs à des amis peintres lors de mes expositions personnelles, comme Ben Ami Koller au Centre culturel Christiane Peugeot, ou  Hubert Ulisse-Leca à la galerie Valérie Robain.

 

Pour ce qui est des expositions de groupes, excepté les expositions à thème et les projets d’œuvres monumentales,  les artistes devraient refuser d’exposer une seule pièce vouée à être noyée dans une multitude d’autres.
Ces expositions fourre tout forment  une soupe d’ondes vibratoires disparates, d’émotions contradictoires, d’esthétiques multiples et débridés sans parfum ni épines qui dessert l’art en général et ne laissent rien paraître de la démarche des artistes exposés.


A mon sens une bonne exposition de groupe doit se composer d’un multiple de cinq œuvres par créateurs, trois en est le minimum requis pour se faire une vague idée de la facture des artistes.

 


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Vendredi 26 septembre 2008
               Annonce TELERAMA  du  1er  Octobre  2OO8 
Centre Culturel Christiane Peugeot

62, avenue de la Grande Armée
75017 Paris

Vernissage le Jeudi 9 octobre 2008 à partir de 19 H
Mo Argentine
Je ne serai présent qu'à partir de 20 h 30  pour cause de Yom Kipour mais rien ne vous empêche de venir nombreux  dès l'ouverture.
Je serai également présent tous les soirs de l'exposition à partir de 18 H



                                                                                        Paris désir
                                                                Marbre de Carrare, Tour Eiffel grand modèle



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Lundi 18 août 2008

                             Matériaux privilégiés : Pierre, Marbre, Granit et parfois le Bronze.

 

 

 

                                                             Work in Progress    Taille du marbre

                                                       CARRARA Marble de 9 tonnes 225 x166 x80 cm

                                                     Finaliste représentant la France à Stone in Galillee

                                      Picture taken on 9th April 1998        Internationnal Sculpture Symposium

 

  

Je ne remercierai jamais assez mon ami Christian BOBIN, poète et écrivain qui, au

détour d'une lettre a défini pour moi la quête des entailleurs d'images :

 

"Vous faites, vous  les sculpteurs, de  la  pierre une  matière  semblable  au coeur des

anges : aux coups portés, la pierre - comme  les anges - répond en donnant sa

lumière."

   (correspondance)

 

Les livres de Christian Bobin disponibles dans toutes les bonnes librairies, lorsqu'ils

parlent de sa passion d'écriture, touchent au coeur de l'acte créatif.

Cette révélation, à la base de notre amitié, pourrait tout aussi bien se rapporter au

geste créatif du peintre, graveur, ébéniste ....

J'en ai fait la démonstration pour mon propre compte.

 

"Celui qui sculpte est séparé de  toute  société,et d'abord  de  celle  qu'il  forme  avec 

soi. C'est d'un même mouvement qu'il s'efface dans  le jour,  et  que  le  ciel s'avance

sur le bloc.  Le  coup de  massette, c'est le  rythme. Le  rythme  c'est le souffle, et le

souffle c'est l'âme  non  entravée dans sa  capacité de jouir. Allant et venant.

Inspirant, expirant."

 

Note de Chistian Bobin

"Cette phrase reprend, avec quelques  légères  entailles, (sculpter  remplace  écrire, 

"bloc"  vaut pour page  et "coup de massette"  pour phrase), un extrait de LETTRES

D'OR ." Editions Fata Morgana

 

 

 

 

J’ai longtemps sculpté sur deux  voies d’inspirations parallèles :

 La première est une création post Brancusienne qui se caractérise par une recherche plastique d’épuration des formes, que l’on retrouve également dans des œuvres paléolithiques comme la Vénus de Lespugue.


 
La deuxième est une quête spirituelle néo-romane caractérisée par un regard intérieur aux

 résonances Bouddhistes  dont les pôles magnétiques positifs rayonnent sur des visages radieux.


 
Le raccourcis ou simplification des formes n’est pas un but mais un moyen puissant au service du
  message sacré.

  
J’ai délaissé depuis quelques années la voie Brancusienne qui fleurit pour moi qu’après un long
mûrissement par évidente illumination sensuelle. J’y reviens par intermittence  lorsque le désir devient trop pressent.


Les variations des émotions spirituelles qui transpirent de chaque visage est unique et peu se conjuguer  à l’infini dans la multiplicité du message de ma foi de croyant.

                                          Un ange passe (Bronze)         

 

 


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Lundi 18 août 2008

Voici plus de 30 ans que l’art en vogue d’alors a été couronné par les institutions

Française comme art  contemporain incontournable, figeant son choix  dans une

résurgence d’art académique  Français version conceptuel - minimaliste.

 

«La peinture académique, émanation directe des règles strictes du

classicisme et du néoclassicisme, constitue en quelque sorte l'antithèse

exacte de l'art contemporain mais avec toutefois un point commun de

taille, celui d’être ou d’avoir été soutenu par des institutions. Et une

différence d’importance :

- l’adhésion du public pour la peinture académique mais son rejet ou son

ignorance de l’art contemporain. Le parallèle entre la situation des artistes

officiels d'aujourd'hui, c'est-à-dire les "conceptuels - minimalistes", avec

ceux de la Troisième République, les "pompiers", est devenu incontestable

et l'on peut parfaitement penser que cet "art contemporain" connaîtra lui

aussi un discrédit. »

Marc Verat

Ce texte prémonitoire qu’avalisera la nouvelle vague figurative des galeries

Londoniennes sera suivi au début de ce siècle  par les galeries Parisiennes avec plus de

10 ans de retard.

 

Seule l’exception française a persévéré à soutenir ces « Pompiers minimalistes » en

continuant de doper ce marché devenu fictif,  à doses d’achats institutionnels  des

Drac, Frac,  en totale déconnection du marché réel international  de l’Art  et des

collectionneurs privés.

 

Les galeries suiveuses parisiennes non subventionnées par les achats publics mais

soutenues par cette mode étatique  avaient poussées comme des champignons rue

Quincampoix et rue Keller à Paris dans les années 1980 – 1990.

 

 Le krach de la spéculation de l’art moderne et contemporain  après la guerre du golf

(1991) à sonné le glas de cet engouement. Les collectionneurs ont commencés à

douter de la vraie valeur  de leur collection, basé sur un discours conceptuel, clef de

voûte et justification de l’œuvre même. Cependant  que La plupart des galeries

historiques parisiennes se félicitaient de l’épuration du marché des concurrents

opportunistes des années fastes, elles n’ont pas senti la mode s’inverser et se sont

révélées incapables de remettre en cause leur choix,  trompées par les directives de

l’art institutionnel  Français de cette période c'est-à-dire l’art minimaliste et conceptuel.

En pénurie de collectionneurs, elles se sont épuisées en espérant des jours meilleurs,

elles ont été finalement  décimées. Les galeries du quartier Saint germain des près qui

encadrent l’Ecole Supérieur des Beaux-arts se sont montrées  plus pragmatiques,

beaucoup se sont reconverties dans le commerce de l’art premier.

 

 Tandis qu’à Londres les collectionneurs  Lassés des discours pontifiants, placebo d’une

œuvre fantomatiques ont incités de nombreuses galeries à rechercher un art construit

auto- démonstratif composé d’une émotion visuelle ou tactile dans une nouvelle

dimension sacré et païenne  révélé par la technique traditionnelle de peintre ou de

sculpteur.

 

En France, l’Etat providence ne pouvait à lui seul  être l’unique collectionneur comme

l’avaient rêvé certains utopistes.

Après la 2ème guerre mondiale, avec les  nationalisations des Banques, de l’industrie

lourde, il était logique que l’art soit aussi quasiment nationalisé dans le giron du

nouveau ministère de la culture. Ce système a permis à la France de relever sa culture

avec son économie,  d’entreprendre de grands travaux architecturaux, de générer des

commandes monumentales publiques, de développer le 1/%à la construction dévolue

à la création d’œuvres d’art dans les bâtiments publics ou les sociétés nationalisées.

 

« Le choix du prince » lorsqu’il était impulsé par une personnalité aussi cultivée et

clairvoyante que Malraux s’est montré très positif pour le rayonnement pluriculturel de

l’art Français.

 

Avec les dénationalisations industrielles et bancaires, le ministère de la culture s’est

trouvé orphelin et coupé de ses commanditaires attitrés. Ayant perdu son fondateur

charismatique  historique, il devint un Portefeuille ministériel de parade, barricadé

derrière ses fonctionnaires et autre chefs de cabinet. Tour d’ivoire d’une féodalité

artistique étatique qui a produit son corollaire d’inertie, d’immobilisme, d’abus,

d’artistes protégés (les pompiers minimalistes), de passes droits,  ainsi que sa liste

d’artistes exclus persona non grata ( les artistes figuratifs).

 

Dans ce contexte, il est logique que l’art en France soit resté sur le quai pendant que la

figuration reprenait ses droits sur les places internationales de l’art.

 

Le bilan de cet entêtement Féodal pour cette  mode étatique est catastrophique :   La

France avait perdu sa place de leader d’art contemporain dans le monde, elle perdit

également sa primauté en Europe au profit de la Grande Bretagne.

Les chiffres du marché de l’Art sont à ce titre éloquents : les Américains représentent

46,95 % du marché mondial de l'art, en hausse de 7 % entre 1998 et 2001. Les

Européens (les 15) 42,46 %, en baisse de 7,2 % dans la même période. Encore faut-il

traiter la Grande-Bretagne à part, avec 25,28 % à elle seule (plus de la moitié du

marché des 15), en hausse de 1,6 %. A titre de comparaison, le marché français ne

représente plus que 7,58 % du total, en baisse de 20,8 %.

 

Dans les foires internationales inexorablement,   le vent tournait, et avec le vent, les

critiques d’art qui jadis  encensaient ces «  pompiers minimalistes » se montraient de

plus en plus virulent à l’encontre de ceux la même qu’ils avaient jadis adulés.

 

Enfin les derniers bastions de l’art «  pompier minimaliste  » ont fini par rendre les

armes.

Combat d'anges - marbre de carrare

Ainsi la célèbre galerie Templon dont le directeur Daniel Templon, cofondateur du

magazine Art Press, défenseur depuis 1966 de l'art minimal et conceptuel français et

international a fait ces dernières années un revirement à 180 degrés en présentant

des artistes  figuratifs talentueux à l’expression originale d’une dimension sacré

retrouvée, étayée par un métier peinture –peinture à l’huile.

Pour preuve sa dernière exposition des toiles de Gérard Garrouste « L ânesse et la

figue » de 2006 a fait un véritable tabac  par la vente quasi-totale de toutes les

œuvres exposées. Ce qui par les temps de crise de l’art en France fût un véritable

exploit.  Le changement d’axe pour sa nouvelle ligne figurative s’est avalisé par le

succès de sa dernière exposition (juin –juillet 2007) du jeune peintre Berlinois Ulrich

Lamsfus (Né en 1971) à la technique de peinture à l’huile remarquable.

 

Dans le même temps j’ai constaté que des œuvres conceptuelles éphémères se

faisaient figuratives bien que le principe de leur sélection de l’académisme pompiers

minimaliste resta le même : tout et n’importe quoi pourvu que ce ne soit jamais vu,

jusqu’au nihilisme de l’œuvre, au profit d’un discours soporifique …

 

A la dernière exposition des acquisitions de la Frac Ile-de-France (2007) plusieurs

œuvres conçues sur le même principe, une structure en poli éthane recouvert de

mousse à raser qu’il convient de renouveler tous les 3 jours sous peine de

déliquescence.. Tout cela pour donner l’illusion d’une sculpture de caniche blanc

intouchable évidement.

 

On le voit bien ici, ce n’est pas la figuration, l’abstraction, le conceptuel - minimalisme

qui est en cause, c’est surtout le support technique indispensable  à toutes expression

artistique, à toutes œuvres pérennes et à l’adhésion d’un large publique. Le métier

évident qui faisait la force de l’art académique des Bouguerau, Cabanel a fait  la

faiblesse de la plupart de leurs homologues « pompiers minimalistes » contemporains.

 

Quel collectionneur se porterait acquéreur d’une œuvre aussi éphémère et fragile

qu’un caniche - mousse à raser dont l’entretien demanderait le stock d’un grossiste ?

Seul l’Etat qui n’est pas ici l’Etat mécène, mais bien l’Etat vieux protecteur version

Feydeau trompé et  envoûté par l’hypnose culturelle d’une gourgandine aux allures de

vielle sorcière, qui amasserait dans ses réserves, près de 30 ans de mauvaise

verroterie. (Oeuvres dont l’histoire ne retiendra rien, ni l’émotion, la poésie ou la

technique du savoir faire.

 

Prions pour que cette situation cesse, comme le souhaite le fameux sculpteur

Ousmane Sow

« J’espère que le temps des artistes qui n’ont rien à dire et qui le disent

très fort va se terminer »

 

Une page se tourne, les discours alibi prise de tête n’ont plus cours dans le marché de

l’art international. Seuls certains « pompiers minimalistes » historique et

emblématique  parviennent à limiter la casse.

 

Le métier au service de la poésie du rendu de l’émotion à la périphérie d’une dimension

sacré, d’une idolâtrie plastique du beau et du bon du rayonnant a repris le pouvoir.

 

De nouveaux acteurs décisionnaires partisans de l’ouverture remplacent  peu à peu les

fonctionnaires du ministère de la culture formé à l’école féodale des années 1980. De

cette époque un certains nombre de lois en faveur de l’art contemporain dans le

domaine privé se sont avérées inapplicables et inefficaces laissant les mains libres au

monopole du mécénat de l’Etat providence.

 

Souhaitons que la nouvelle vague de décideurs persévèrent dans l’ouverture et les

avancés fiscales au profits de la promotion de l’art. Leur premier fait d’arme est une

avancée significative destinée aux entrepreneurs ( loi de 2005)  qui  assouplit les

conditions d’exposition des œuvres d’art achetées par l’entreprise aux artistes vivants

(amortissable sur 5 ans)…. Il serait vital  que cette mesure bénéficie d’une large

publicité. ..

 

Au début du siècle dernier, rien ne pouvait émergé dans le domaine de l’art sans

passer par Paris.  Mirage qui perdure dans le cœur de beaucoup  d’artistes du monde

entier qui rêvent d’exposer en France à la recherche de la consécration suprême. Ce

songe subréaliste nous amène une profusion de talents qui en touchant au but, se

désespèrent devant la faiblesse du marché Français.

Pour remettre en adéquation l’offre artistique avec les collectionneurs privés, il serait

idéal  de ramener l’amortissement linéaire actuel,  en amortissement dégressif sur 5

ans, ou encore de ramener à 3 ans cet amortissement linéaire.

 

C’est  une évolution  indispensable pour que la France retrouve son rayonnement au

niveau de l’art contemporain et ne soit plus sous perfusion du seul Etat providence, les

entreprises industrielles ainsi que les PME ont un potentiel immense d’acquisition 

quasiment inexploité, leur rôle est déterminant dans l’émergence de nouvelles

collections privées qui sera le gage d’une diversité artistique en  phase avec le marché

international de l’art et des collectionneurs.


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Lundi 18 août 2008

 

Le talent est une mystérieuse équation de don pur, d’éducation, de volonté

obsessionnelle de création.

 

Ceci établi, la part prépondérante  de l’inné ou de l’acquis dans la formation du destin

d’un artiste est un débat qui n’est pas prêt d’être tranché :

Une graine féconde ne peut pousser dans le désert, une autre rabougrie peut

néanmoins se développer dans un terrain riche sans pour autant produire de fruits

exceptionnels. Mozart serait-il entré dans l’histoire de la musique s’il avait été fils d’un

boucher ? Une graine exceptionnelle dans un terrain favorable ne protège pas pour

autant de la grêle et de la destruction on ne peut donc présumer de rien et nombre

d’enfants prodiges n’ont pas eu la carrière que leur jeune talent promettait, émoussés

devant la difficulté de se réaliser.

 

Ainsi certains artistes nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, cumulant les dons,

les parrainages, l’assurance et le charme, se sont perdus dans  le labyrinthe de la 

facilité en touchant à tout, tout en ne se fixant sur rien.

 

« Etre doué c’est se perdre, si l’on n’y voit pas clair à temps pour

redresser les pentes et ne pas les descendre toutes. »

Jean Cocteau - La difficulté d’être

 

D’autres artistes besogneux ne réussissent pas mieux pour autant. Il n’y aucune

causalité entre le travail, la réussite et le talent.

 

Ce qui est sûr c’est que le don seul ne suffit pas, comme le travail seul ne peut suffire il

faut l’amalgame des deux pour faire œuvre, saupoudrer d’un soupçon de chance et

vous obtiendrez la réussite.

La réussite, c’est de produire une œuvre qui correspond à la demande au bon endroit

au bon moment ; ce qui est souvent déterminant :

 

- avant,  l’artiste est un précurseur incompris, un artiste maudit qui fera plus tard la

fortune des marchands charognards.

 

- après  l’artiste est un suiveur ringard…

 

Cela étant, mieux vaut  être artiste riche et célèbre, en bonne santé plutôt que

méconnu pauvre et malade.

 

Il est une troisième catégorie d’artistes dont la particularité est de produire

épisodiquement, en dilettante, sans passions ni message, des œuvres à vibratoire

SuBréaliste quasi inexistantes?

Il serait illusoire d’y chercher quelques effets esthétiques ou autre intentions poétiques

ou intellectuelles.

Ces œuvres sont des alibis ou plus spécifiquement des masques d’artistes, permettant

de doter leurs auteurs d’un statut social d’artiste, justifiant une profession.

 

 Ces artistes souvent issus de familles aisées vivant de revenu  financiers (actions,

dividendes, locations  de biens immobilier etc….) exposent une toile ou deux au Salon

des indépendants ou dans une galerie loueur de mur, justifiant ainsi, vis-à-vis de leurs

relations diverses et variés de leurs statuts sociaux. Peu importe de vendre ou pas,

l’important est d’être et d’exister en tant qu’artiste.

 

Traditionnellement les jeunes filles de bonnes familles dont la vocation étaient de faire

un beau mariage sans préoccupation de revenu stable,  étudiaient les beaux arts en

attendant de convoler en juste noce à un jeune homme, future capitaine d’industrie,

de même milieu, mais au cursus plus sérieux (Grandes écoles, Polytechniques, Mines

etc…)

Cette situation institutionnelle a longtemps porté ombrage et mauvaise réputation aux

femmes artistes issues de ces milieux privilégiés, alors qu’il n’y a pas de cause à effet.

 

Il n’est pas indispensable d’être un artiste maudit pour avoir du talent ni d’être issu de

milieu favorisé pour ne pas en avoir.

 

Dans la même mouvance mais issus de familles prolétaires, n’ayant pu supporter les

contraintes d’un métier salarié, certains autres utilisent ce même alibi pour se faire

entretenir d’abord par leur parents puis ensuite par leur conjoint ce que j’appellerai

sponsorisation privé intime.

Ce sponsoring intime est socialement et généralement bien admis lorsqu’il concerne

une artiste femme. Lorsqu’il s’agit d’artistes hommes « vivant au crochet de leur

femme » le jugement public est souvent  sévère et très critique. Ici le sexisme joue à

contre emploi.

 

 Dans la plupart des cas ce ne sont pas des femmes riches qui entretiennent par 

amour leurs compagnons artistes, mais souvent des fonctionnaires ou professions

stables (secrétaires, comptables, juristes …etc). Le nombre de professeurs des écoles

qui subviennent aux besoins du ménage sont légion, que leur maris soient artistes

plasticiens, thêatreux, ou musiciens.

 

Dans le même sillage il y a tous ceux qui n’ayant pas la chance d’avoir une aide privée 

font appel at vitam aeternam à ce que j’appellerai le sponsoring  social et public en se

contentant d’un RMI et d’aides sociales diverses et variées pour vivoter à leurs

rythmes idéalement en province où la vie est moins chère.

 

Avec ce statut social la plupart disent vivrent de leur art, de fait c’est faux…

Rares sont les artistes  qui admettent vivre grâce au RMI ou aux salaires réguliers de

leurs femmes, leurs ventes étant pourtant si aléatoires et soumis aux incertitudes du

marché de l’art.

 

Enfin, la dernière catégorie de créateurs, la plus importante, est celle qui s’est adaptée

à nos sociétés capitalistes où les mécènes se font rares, les vocations d’artistes

pléthoriques dans un marché de l’art non extensible à l’infini.

 

Par réalisme, pour créer en toute liberté, de nombreux artistes préfèrent gagner sa

soupe dans un job annexe plutôt que de faire de la soupe dans un art commercial

décoratif.

Ici se trouve la  grande majorité des artistes contemporains, qu’ils soient besogneux

ou artistes aux talents rayonnants, ils ont tous recours à un emploi alimentaire à temps

partiel qui leur permet de subvenir à leurs besoins vitaux.

Ici les professeurs d’art sont nombreux, (César comme d’autres artistes renommés

ont assurés leur avenir en professant aux beaux arts.

Autres jobs alimentaires : décorateur, peintres en bâtiment, publicitaires, gardiens de

musée, veilleur de nuit, intérimaires, infographiste, informaticiens, garçon de café

etc… A défaut d’être passionnant ces emplois partiels ont la vertu de remplir le frigo.

 

A ceux qui affirment qu’un job alimentaire est incompatible avec leur création, qu’ils ne

peuvent se concentrer après une demie journée de travail, je leur dirais :

 

- la passion trouve toujours les moyens de création cependant que le doute

trouve toujours des excuses pour l’inaction.

 

Quel plus bel exemple  que celui du génial Michel-Ange qui en 1553 à 78 ans était

architecte en chef de Saint Pierre de Rome, chargé à plein temps à cette tâche

gigantesque qui à fortiori n’avait rien d’alimentaire mais tout du passionnel.

Tiraillé par son désir obsessionnel de sculpteur, il rognait sur son sommeil pour tailler le

marbre. Dormant que quelques heures, habillé et botté pour être à pieds d’œuvre au

milieu de la nuit, Il s’était confectionné un chapeau en zinc, formant bougeoir, lui

permettant sculpter de nuit à la lueur des bougies.

 

A cette époque, l’objet de ses insomnies était une sculpture des plus religieuse et

mystique de son oeuvre, l’une de ces dernières piétas dit jadis « la mise au tombeau »

destiné à sa propre tombe. Véritable autoportrait au cœur du fameux groupe

sculptural,  il s’était représenté sous les traits de Nicodème figure centrale à la

SuBréalité puissante,  un hymne religieux cristallisé dans le marbre où Michel-Ange en

supportant le poids du Christ se fond dans la communion et la douleur de Marie.

 

Le destin qui l’avait jadis éprouvé  dans la pharaonique commande du tombeau de

Jules II qui se solda en véritable tragédie par un projet peau de chagrin, ne le favorisa

pas plus, pour l’édification de son propre tombeau.

Après plusieurs années d’efforts nocturnes, il venait enfin à bout de la taille de ce bloc

de 11 tonnes de marbre de carrare débuté en 1547, il achevait son groupe en

approfondissant les expressions à la gradine (ciseau à dents) dégageant son groupe

de l’ultime peau de marbre, lorsqu’il découvrit sur la tête d’une de ses figures, une

tâche de silice noire.

 

                                                  Piéta da Santa Maria del Fiore   H 2m34

 

Ce coup du sort  en phase finale de  création est un crève-cœur insupportable pour

tout sculpteur. Tout ce qui a été écrit sur ce drame et sur sa furieuse colère qui faillit

être fatale à sa sculpture n’est pas crédible.

 

Pour avoir vécu un coup du sort semblable bien que s’agissant d’une modeste sculpture

en granit, terminée le jour d’une fête religieuse... Or en ce jour de recueillement et de

prière, la création artistique est prohibée, en rage contre moi-même,  j’imputais

naturellement ce manque de réussite à une sanction divine.

 

 A mon sens,  Michel-Ange, dans le même esprit, a pensé avoir été puni  par manque

d’humilité, en s’affichant pour l’éternité au coté du Christ. Il fût si mortifié par ce

châtiment céleste qu’il en abandonna définitivement la  finition et d’un geste de

suprême désespoir cassa à coup de massette la jambe de sa statue.

Par bonheur, celle-ci fut conservée religieusement par son fidèle intendant,  fût

restaurée bien après la mort du Divin Maître.

On peut admirer ce groupe pathétique d’émotions sous la coupole de la cathédrale de

Florence.

 


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